Politique de l’action sociale du Département : entre inquiétudes et désengagement

Voici mon intervention en séance publique du Conseil départemental le 30 juin 2017.

 

Monsieur le Président, chers collèges,

 

Tous les ans ce rapport est d’un grand intérêt parce qu’il nous permet de faire le point sur toutes les actions du département.

Tout d’abord nous remercions tous les agents qui travaillent au service des alto-séquanais pour mettre en œuvre la réalisation des projets que nous décidons dans cette enceinte.

Nous avons la chance que notre département reste un département riche avec un niveau de recettes de plus d’un milliard et demi d’euros, malgré les variations de certaines ressources fiscales.

Dans le rapport que nous examinons, le pôle solidarités est déclaré « le Chef de file de l’action sociale » qui est la première compétence des départements. Elle implique que le département oriente son action vers les plus démunis et vers les plus fragiles.

Ce pôle solidarités a été réorganisé en 2016, il est un peu tôt pour avoir un bilan.

« Il prend en charge le maintien à domicile et l’hébergement des personnes adultes handicapées et des personnes âgées, la protection maternelle et infantile, la protection de l’enfance et de la jeunesse et à l’insertion socioprofessionnelle des bénéficiaires du RSA et des personnes fragiles. »

Or, nous apprenons cette semaine que les éducatrices spécialisées de la cité de l’enfance au Plessis-Robinson dénoncent leurs conditions de travail.

Je cite le collectif ASE92 « Nous sommes actuellement dans une situation de non-assistance à personnes en danger, avec des enfants et des adultes subissant quotidiennement des agressions de toutes sortes ».

Peut-on Monsieur le Président, avoir des explications sur cette situation ?

Dans ce rapport il est dit que « pour améliorer le service rendu à la population, favoriser une meilleure couverture territoriale et une meilleure coordination de ses différents services, le pôle Solidarités est organisé depuis 2016 en 7 territoires.

Cette nouvelle organisation a permis de lancer plusieurs chantiers pour améliorer et moderniser l’accueil du public, renforcer les partenariats avec les acteurs locaux et développer la pluridisciplinarité des interventions. »

Mais la fermeture successive de foyers pour adolescents dans le département et le non renouvellement de postes d’éducateurs dans des clubs de prévention spécialisés ne permettent pas une politique de prévention digne de ce nom dans une période où de nombreux jeunes sont en grande souffrance.

 

De plus, la baisse du budget en faveur de la Protection maternelle et de la Petite Enfance montre le désengagement progressif du département sur ce secteur, préjudiciable à une prévention sur le long terme.

Par ailleurs, vous nous annoncez que le Département va s’engager, avec le Département des Yvelines, dans une démarche d’élaboration d’un schéma interdépartemental d’organisation sociale et médicosociale, ce qui n’est pas fait pour nous rassurer si chaque restructuration permet d’économiser des postes en supprimant des lieux d’accueil.

Enfin, l’annonce d’un nouveau schéma de l’enfance et de la jeunesse annoncé comme interdépartemental et devant être élargi à toutes les solidarités, interroge sérieusement le destin du schéma départemental de soutien à l’autonomie dans ce cadre.

Quant au chapitre « Aide à l’Insertion et à l’emploi », la gestion du RSA doit continuer de se faire au plus près des publics, au sein des Espaces d’Insertion là où ils existent et en mobilisant localement les partenariats nécessaires à l’accompagnement des bénéficiaires. Se lancer dans une fusion des services d’instruction avec les Yvelines comme vous le souhaitez, c’est réduire l’action à la seule logique gestionnaire et oublier la dimension locale de l’insertion. Dessaisir les communes de l’instruction du RSA reviendrait à éloigner un service de proximité de ses propres bénéficiaires dont on connait la fragilité.

Et quand vous parlez d’aide aux associations quel que soit leur domaine, je suppose que chaque élu de cette assemblée a été comme moi approché plusieurs fois pour expliquer les raisons de la baisse de leurs subventions, avec un budget de fonctionnement d’un milliard et demi d’euros !

Je vous remercie pour votre écoute.

 

Catherine Picard

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